Dimanche 12 septembre 2010 7 12 /09 /Sep /2010 10:08

                               Croatie, Serbie, Slovénie...

 

   A peine sorti du boulot, J-P... a juste le temps de déposer ses affaires de pêche dans la soute du camping-car, de ranger deux ou trois polos et petites culottes dans le placard, et nous voilà sur la route... Privilège du retraité : j'ai eu toute la semaine pour remplir les placards. Ce qui veut dire que, de peur d'oublier quelque chose, je suis paré pour un voyage de six mois ! Nous partons pour une douzaine de jours. Pour la Serbie, en passant par la Croatie à l'aller, et par la Slovénie au retour. Enfin, en principe, car avec le camping-car, toutes les options sont possibles, au gré de l'humeur du moment, et surtout en fonction des conditions climatiques. Et cette année, j'ai envie d'aller explorer des rivières qu'un moucheur serbe, "ami d'un ami", m'a indiquées.

   Le soir, nous dormons à d'Aix en Provence, près du garage des pompiers. C'est toujours trois cents kilomètres de gagnés.

    Nous avons décidé de passer par Turin. Ca tournicote un peu trop, du côté de Tallard, Briançon, le col de Montgenèvre ... Et pour les péages, moi qui ai toujours dit qu'en Italie, tu prends ton ticket en entrant, et tu paies en sortant, je me trompais lourdement ! Ici comme en France, tu paies un euro par ci, trois euros par là, et tu t'arrêtes donc tous les dix ou vingt kilomètres ! La multiplication des péages, il n'y a pas qu'en P.A.C.A !

   Mille kilomètres plus loin, nous voilà sur la Kupa, frontière entre la Slovénie et la Croatie. Pour la cinquième fois. En ex-Yougoslavie avec Jean-Pierre 003-copie-1Même les ombres du coin me saluent. Depuis le temps que je viens sur cette rivière, j'aurais dû marquer les poissons relâchés. J'aurais sans doutes repris des vieilles connaissances ! En plus, cette année, j'étais là il y a à peine quinze jours, avec dix copains du club "mouche".

  Cette fois, le passage entre la Slovénie et la Croatie, après Trieste, se passe bien malgré la nouvelle règlementation qui interdit d'importer viandes, oeufs, fromages, lait et autre produit animal comme.... les plumes pour faire les mouches !! Nous en avons fait l'expérience, il y a environ trois semaines. Nous étions quatre voitures. Les trois premières sont passées sans encombre. La quatrième qui s'était arrétée malencontreusement deux ou trois mètres après le "stop", a été vidée de tout son contenu, avec confiscation de  veau, vache, cochon et ...plumes de coq. C'était aussi la voiture qui transportait tous les pique-nique pour onze gais lurons qui ne chipotent pas sur la gamelle et la boisson qui l'arrose ! Et les trois autres voitures arrêtées à proximité pour les attendre, avec leurs occupants qui "bâdaient" le spectacle, sans trop frimer, d'être rappelées par la police, avec une autorité aux relents d'un passé pas si lointain, pour être fouillées et dévalisées à leur tour. Finalement, nous avons en quelque sorte négocié notre expulsion, et d'un demi-tour rageur (rage toute intérieure : ce n'était pas le moment de rouler des épaules ! ) ,nous retournions en Slovénie ou Nada, qui devait nous recevoir sur la Sava en fin de séjour, nous ouvrait ses portes dès le début.

   Donc nous repassons par la même douane en camping-car, quelques jours plus tard. Avec nourriture, et plumes pour faire les mouches; c'était peut être un peu risqué. Eh bien nous sommes passés, mieux que, de nos jours, une lettre à la poste !

  Je connais, avant la descente qui mène à la rivière, une petite source bien aménagée : un endroit sympa pour  passer la nuit, et pour faire le plein d'eau potable.

   Le matin, petit déjeuner tranquille. Première étape du séjour, la Kupa : j'en connais les coins, les recoins, et quelques ombres me reconnaissent ! Descente sur Brod Na Kupi, village frontière entre la Slovénie et la Croatie. Nous serons amenés à traverser souvent, d'un pays à l'autre, sans le moindre problème.

   C'est au bistrot du coin que nous prenons le permis journalier à... 36€ ! Plus de 50% d'augmentation en un an ! Voilà de quoi déséquilibrer sérieusement nos prévisions de budget. Un petit tour sur le pont suspendu pour voir comment se présente la rivière, et nous remontons sur quelques kilomètres. En ex-Yougoslavie avec Jean-Pierre 002

   Arrêt au niveau d'un pont où la traversée n'est autorisée qu'aux autochtones. Maintenant, il y a une barrière fermée à clé. Autrefois, il n'y avait qu'un panneau interdisant le passage. Ecrit en Croate. Déjà qu'en anglais nous avions du mal...  Avec C..., nous étions passés en camping-car, ce qui n'avait pas fait rire du tout le douanier du poste suivant à qui nous avions eu la naîveté de lui raconter. Il nous avait fait le signe très expressif de deux poignets croisés, pour nous expliquer ce que nous avions risqué. Bon ! Cette fois, si on traverse, c'est à pied. Notre permis est valable des deux côtés de la rivière.

   Les eaux sont claires mais assez fortes. Quelques fouettés sur une lande de gravier et nous ramenons des ombres pas très gros. 

 

En ex-Yougoslavie avec Jean-Pierre 034.                                                          Le premier contact est très moyen. Nous reprenons un peu la route pour nous arrêter à " mon virage" ! La première fois que je suis venu, j'y ai pris sept gros ombres de 40cm environ, et C... avait donné mon nom au coin !

J-P... pêche la lande du dessous : il fera un "carton",  surtout en arrivant en amont, dans les "gorges" . Un bien grand mot pour un simple retraississement entre les roches. Je me contente de trois ou quatre poissonsCroatie et Slovénie 2009 107.                                                    Ce sera pareil pendant tout le séjour : pendant que je bricole deux ou trois ombres dans mon coin, lui en cartonne une quinzaine. Je ne pense pas que ce soit une question de chance... ! Déjà, au Canada, M... et J-P... m'ont mis de belles déculottées. A côté, je me sens un peu un bricoleur de la pêche à la mouche. Qu'importe : j'aime ! Le principal, c'est de se faire plaisir. Et en plus rien à voir avec le fait que je marche de plus en plus difficilement dans les cailloux et que je parcours de moins en moins de rivière : J-P..., lui, se plante au fond d'un plat et sort les poissons quasiment sans bouger de place ! Moi, je remonte le courant, écrasant le gravier de mes gros godillots. Godillots cloutés, qui plus est ! Je ne prends pas les truites en traître : je m'annonce bruyamment. Dans les plats ou en fin de courant, ça agite le monde sous l'eau : je fais le vide autour de moi et je ne suis pas géné par les gobages ! Bon ! il faut que je révise mes plans de bataille.

     Nuit auprès du centre de loisir désafecté : une habitude, en cinq ans.Croatie et Slovénie 2009 072 La seconde journée de pêche s'annonce belle. Pour varier les plaisirs, décision est prise d'aller vers le haut de la Kupa, au dessus du second poste de douane qui ouvre sur un parc nationnal. Il n'est pas question d'aller plus haut, chez Joseph. La route est certes goudronnée, mais très étroite et sinueuse, ravinée par endroit, et le camping-car, s'il est capable de descendre, aurait bien du mal à remonter. Mais il nous est impossible d'obtenir le permis pour la partie en amont de la douane. Aux deux endroits où nous avons tenté notre chance, il nous a été répondu  qu'il n'avaient plus de cartes ... Bon, pourquoi pas ! Ca nous aura forcé à boire  deux "pivo". Donc, retour en Slovénie (Taxe de 1,66€ pour passer la frontière ! ) où, à l'hotel Kovac on nous vend la licence journalière de pêche pour...20€ ! 16€ de moins qu'à Brod Na Kupi pour la même rivière. L'excuse, c'est qu'en Croatie, on a aussi le droit de pêcher la petite Kupica.

   Je suis J-P... qui choisit un fond de lame bien lisse. Il voit de l'ombre partout. Mes lunettes polarisantes ne doivent pas être aussi performantes que les siennes. A travers l'eau parfaitement limpide, le lit de gravier est pour moi totalement désert. Je me concentre... Je commence à repérer quelques poissons, souvent grace à leur ombre portée sur le sable ou les graviers. Grace à l'ombre de l'ombre, en quelque sorte ! C'est peut être de là qu'il tire son nom, ce poisson.

   J-P... pêche. Un posé délicat de sa mouche au dessus de celui-ci : pendu ! Un posé au dessus de celui là : pendu.... J'admire ! Il s'éloigne. A moi de faire. J' en sors deux ou trois, tous plus jolis les uns que les autres, de 35 à 40 cmEn ex-Yougoslavie avec Jean-Pierre 033-copie-1. Mais j'ai toujours des fourmis dans les jambes, et j'ai du mal à limiter mes ballades. Il me semble que la petite veine d'eau, là-bas, à quelques mètres, sera meilleure. Pourtant, rester immobile est payant : d'abord paniqués par le bruit fait en marchant sur le gravier, le poisson se remet en poste autour de soi. Patience. Moi qui me plains toujours de mes vieilles guiboles, c'est pourtant un bon moyen de les économiser.

   Nous pêchons à 50m l'un de l'autre, et nous prenons du poisson : un pour moi, cinq pour J-P... 

   Ce soir, campement près de la source, ce qui nous permet de refaire le plein d'eauEn ex-Yougoslavie avec Jean-Pierre 010-copie-1, après une bonne douche bien chaude. Etude de l'itinéraire pour demain : direction la Serbie, à 700km plus loin. J'appréhende un peu : le camping-car donne certains signes de faiblesse au démarrage. Il me faut tourner la clé plusieurs fois pour que le démareur réagisse ! En insistant, ça repart quand même : ne pas s'affoler ...

   Il pleut toute la nuit. Et toute la journée aussi. Fort, très fort, parfois. L'autoroute, rectiligne, suit une plaine marécageuse. Les champs inondés ne nous laissent espérer rien de bon. Le GPS nous envoit dans la banlieue de Belgrade. Triste : des immeubles les uns sur les autres En ex-Yougoslavie avec Jean-Pierre 017                                                      et en bas, sur les bords de la deux voies sans trottoirs, un imbroglio de petits commerces, avec un goût très marqué pour les casses de voitures. Que nous sommes loins des maisons pimpantes de la Slovénie, et même de la Croatie !  Vers les montagnes les maisons et les villages sont mieux entretenus, mais c'est toujours sous la pluie que nous atteignons Bajina Basta, dans le parc national de Tara, sur la Drina, à frontière Bosniaque.

   La rivière sépare la Serbie de la Bosnie. Grand cours d'eau, sous le barrage de Pérucac. L'eau arrive au pied des arbres : vraisemblablement un à deux mètres de plus que la hauteur normale. Nous faisons un peu la gueule.

   Pour le paysage, côté Serbie, petite ville de vacances, petites maison avec, au bord de la route, à même les champs, des petits cimetières d'une dizaine de tombes à peine.

   Côté Bosnie, au loin, sur l'autre berge de la Drina, disséminées dans la forêt, à flanc de colline, des ruines. Tout est brûlé, explosé. Restes d'une guerre récente.

   Nous stationnons pour la nuit sur une petite place, près d'une résurgence de trois cents mètres de long où sont postées des truites à touristes.En ex-Yougoslavie avec Jean-Pierre 022

Il fait nuit, il pleut. Nous mangeons. Avant le coucher, J-P...sort prendre l'air et revient tout excité.. "Viens voir...". Entre deux arbres, sous la pluie fine, à la lumière des lampadaires, deux pêcheurs au fouet essaient de tenter les truites de cirque ! J-P... monte rapidement sa ligne et sort un ou deux poissons. Il y a, au milieu des arc-en-ciel, un poisson d'un jaune violent. Sont-ce des carpes japonaises ? "Mais non, mais non ! Ce sont de vraies truites. Tu vas voir..." Et sur une nymphe bien placée, il me sort cette bête venue de je ne sais qu'elle fête foraine !En ex-Yougoslavie avec Jean-Pierre 020-copie-1

En ex-Yougoslavie avec Jean-Pierre 021 

Arrêt sur nos excentricités, et direct sous la couette( il ne fait pas une chaleur étouffante, et ...il pleut toujours! )

    La décision d'un repli stratégique vers la Croatie s'impose. Avant de partir, nous jetons un oeil sur la Drina. Le barrage a fermé ses vannes : l'eau a baissé d'un bon mètre. Dans un remous quelques poissons" marsouinnent". Je leur offre, l'une après l'autre, mes plus belles mouches. Ils dédaignent. Sur ce coup là, je les sens plus joueurs qu'affamés. Ce ne sont pas des truites, c'est sûr, mais c'est quoi...? Impossible à reconnaître. Tout ça, sur un fond sonnore qui nous vient de la berge bosniaque. Un haut-parleur inonde toute la vallée d'une mélodie aux accents mauresques. Provocation ? En tout cas, ce n'est pas fait pour endormir les passions !

   Nous faisons une pose casse-croûte à l'embouchure d'un ruisseau sur la Drina. Un coin aménagé où une vingtaine de pêcheurs, accompagnés parfois de leur famille, mangent sous abri. Côte à côte, dans l'eau jusqu'aux cuisses, cinq ou six d'entr'eux jètent un gros bouchon dans le courant, raclent visiblement le fond, et recommencent. Ca me rappelle la pêche d'antan au barbeau. Nous ne voyons personne prendre un poisson : nous ne saurons pas ce que contient cette grande rivière .

    Pluie, nuages bas .En ex-Yougoslavie avec Jean-Pierre 026

 Le cours d'eau que nous devions pêcher, vers Valgevo n'est qu'un torrent de boue.En ex-Yougoslavie avec Jean-Pierre 029

 Nous retrouvons l'autoroute, et la nuit est tombée quand nous atteignons la Croatie. Heureux de ne pas être dans l'autre sens, où nous comptons 60 km de bouchon après Zagreb. Et encore nous quittons l'autoroute pour Delnice : le bouchon doit arriver jusqu'à Split. Le Croate aime passer le week-end sur la côte, magnifique au demeurant. Retour auprès de "notre" source, à quelques kilomètres de la Kupa. Il ne pleut pas !

   Ablutions et petit déjeuner et nous passons en Slovénie où nous prendrons notre permis à 20€ chez Kovac. La pluie serbe n'est pas arrivée jusqu'ici : les eaux ont baissé.

   Je pêche les courants pour cinq beaux poissons et trois ou quatre" sifflets". J-P...fait sa vingtaine d'ombres : une habitude ! Même rapport pour l'après midi où, alors que je sors sept ombres de 35 à 40 cm, il en prend trois fois plus que moi, et sur les plats, en plus ! Moi, il me faut un peu de courant, ça permet quelques approximations dans le fouetté et dans le posé...

   Le soir, nous nous offrons le repas chez Kovac. Bof ! Du décongelé style cantine amélioré ( à peine ) . Pas très cher, pas terrible ! Nous rêvons des cochons grillés au barbecue aperçus dans différents restaurants du bord des routes.

   Pour varier, sinon de rivière ou de poisson, nous allons dérouler la soie en aval, nettement en dessous de Brod Na Kupi, côté slovène. Peu de coins sont accesssibles depuis la route qui est séparée de la rivière par de nombreuses résidences secondaires ou des emplacements pour camper. Le Slovène aime visiblement le plein air. De par le nombre de bateaux qui dévalent le week-end, je m'en étais déjà aperçu ! Nous arrêtons notre camping-car à quelques mètres de l'eau, à un endroit plutôt calme qui devrait convenir à J-P... Il traverse pour pêcher le gravier d'en face et je reste sur la berge extérieure.En ex-Yougoslavie avec Jean-Pierre 060

J'ai cinq ou six gobages devant moi. Un nid que j'exploite jusqu'au dernier des occupants. De beaux ombres de 40 ou plus. Serais-je devenu bon, tout à coup? En face, J-P... râle à cause des "sifflets" de 20 cm. Le coin, très en aval, doit être moins pêché, donc la "bête" est plus naïve. Tant mieux pour moi ! En remontant sur la berge, un gros chien râleur m'arrive dessus ... pour se faire carresser !  Le jeune couple de campeurs qui le suit m'invite à boire la "pivo". On se comprend peu, mais le geste est universel, et je me retrouve avec une bouteille à la main , et un chien qui ne veut plus me quitter. J-P..., est un peu dégoûté par ses "ombrets" : nous repartons vers l'amont. Où nous serons deux à prendre du petit ! Bon, ce n'était pas le jour de J-P... Ca change !

   Pour le consoler, au menu ce sera foie gras aux vendanges tardives, accompagné de cèpes cueillis ce matin.

   Je suis fatigué, et en plus, mon beau wader en toile, tout neuf, prend l'eau. J'ai passé la journée à suer tout le sel de mon corps dans mon vieux néoprène. Tant mieux pour mon hypertension.. Je couche mes jambes enflées et douloureuses pendant que J-P..., sonorisation nocturne branchée, rêve à des jours meilleurs...

   Lever difficile. Pas la forme et état fébrile. Ca me rappelle un matin à Méquinenza. Mais tout passe dès que j'ai la canne à la main. Quelle formidable thérapie qu'est la pêche !

   De toute la matinée, je sors deux ombres, pour au moins vingt poissons manqués ou décrochés Alors que J-P... fait sa quinzaine habituelle. L'après-midi, je recommence le même cirque, mais devant lui. Et je me fais engueuler! " Trop de soie dans l'eau, ta courbe est mal faite, ta mouche drague..." Je m'applique. Et le soir, côte à côte, pendant que je mets trois gros ombres hors de l'eau, J-P... ne touche que trois ou quatre sifflets. Tout fier, le papi !

   Dodo à la fontaine de Delnice :  plein d'eau et  récurage des deux bestiaux ! Au menu, entr'autre, bananes flambées.

   Le séjour sur la Kupa se termine et demain quelques tours de roues vont nous amener sur la Sava, à Bistrica. Une autre découverte pour J-P..

   La rivière se pêche depuis Bled, jusqu'au lac  Bohinjsko. Le parcours est divisé en trois parties, et il faut un permis journalier différent pour chacune. Et les prix varient d'environ ....40€ à 60 € !! Ici, ils ont tout compris ! On ne va pas y passer un mois ! Nous entrons, pourtant en pleine possession de nos moyens, dans le piège à pêcheur, où nous sommes délestés des 60€. Pour une fois, on ne se refuse rien. Il y a une douzaine d'années, on prenait de très belles farios et de gros ombres, à des prix infiniments plus raisonnables..

   J'attaque la rivière au plus près, en amont de la partie choisie, juste sous le pont où passe la route. En mouche sèche. Deux lourdauds se mettent à l'eau près de moi et descendent la rivière en passant quasiment sous ma canne, écorchant la rivière de leur lourd streamer. Il semble que "ça" parle italien...Le séisme passé, je repère quelques " barres " , bien alignées en fond de courant. Je monte une nymphe et je pique aussitôt une grosse et grasse arc-en ciel mise là pour appâter le touriste naïf et bon pigeon que je suis!  Et en plus, ça pue !!! Un égoût ! je pêche dans un égoût ! L'eau de Bistrica n'est même pas trairée et se jète directement dans la rivière. Payer 60€ pour pêcher une truite de cirque dans un égoût....

   J-P... qui a commencé en aval, me rejoint : ce n'est pas l'enthousiasme ! En ex-Yougoslavie avec Jean-Pierre 062

Nous changeons de place. Trouver un coin accessible avec le camping-car n'est pas chose aisée. Surtout que nous sommes séparés de la rivière par une voie ferrée, et  les passages en dessous sont beaucoup trop bas. Bien sûr, tout le monde se retrouve au coin le plus facile. Nous y sommes aussi, avec encore un pont, et en dessous, les grosses truites lachées font leur boulot d'aguicheuses à touristes.

   Dans l'après-midi, je prends une quinzaine de poissons dans les courants, dont trois belles mollassonnes et quelques petites nerveuses. Il semble donc que certaines arc-en-ciel -- où sont les farios ? -- grandissent dans la rivière. Un moindre mal : ça donne des poissons combatifs.

   Comme il n'y a pas de coup du soir, nous nous rabattons sur des cous de canards aux haricots verts, préparés par l'excellent " cuistologue " qu'est J-P... 

   Reste à tuer un jour de pêche. Et à prendre un autre permis ... Je ne pense pas revenir de sitôt dans cette région. Mais j'ai déjà dit la même chose... Je décide de trouver un poste et de ne plus en bouger. Calmer mes ardeurs, arrêter de courrir.C'est encore en aval d'un autre pont que je me cale. Sous ma canne, un paquet de truites en " ringuette ", prêtes à assumer leur rôle d'animatrices... Ce sont, bien sûr de belles arc-en-ciel. Dès le premier passage de ma mouche, j'en pique une. Plutôt vaillante, la petite ( de 40 cm quand même ) Et j'en sortirai 13 identiques ! Seule difficulé : changer de mouche de temps en temps, pour les surprendre. Ma GGS, gros tas de cul de canard sur hameçon n° 12, fera merveille. J-P... qui pêche en amont prendra une énormité de 70 ou 80 qui lui vaudra d'être photographié par un pêcheur envieux. Pendant qu'il tente sa chance sur un autre coup, je range et nettoie ( un  peu ! ) le camping-car pour le retour. Nous partons vers 17h par une petite route sinueuse mais fort agréable, En ex-Yougoslavie avec Jean-Pierre 076

qui nous amènera en Italie, en passant par la vallée de Tolmin, où coule la fameuse Soca.Croatie-et-Slov-nie-2009-027.jpg

   A minuit, nous nous arrêtons sur une aire d'autoroute d'où nous repartons à 3h sans avoir fermé l'oeil : il fait une chaleur moite et étouffante. Contact, et c'est reparti. Contact que nous n'utiliserons plus jusqu'à notre arrivée, puisque nous laissons tourner le moteur : à chaque arrêt, le camping-car nous fait la gueule et refuse de repartir à chaud.

   Nous voulions passer par Gènes, et nous nous retrouvons à Turin. Il faut dire que je fais un piètre copilote. Je récupère profondément ma nuit blanche et c'est J-P... qui se tapera tout le trajet au volant. Arrivée en milieu d'après midi : il fait toujours aussi chaud.

  

    

 

 

 

 

 

 

 

 

  

 

           

Par Baetis
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