Partager l'article ! Mequinenza ( Espagne): Une semaine au sandre sur le lac de Mequinenza 9h30. Départ tranq ...
Une semaine au sandre sur le lac de Mequinenza
9h30. Départ tranquille vers l'Espagne, avec B.... Nous avons décidé de lâcher les truites pour aller chatouiller le sandre. Où ? Tous les pêcheurs vous le diront : sur le lac de Méquinenza, en Espagne. La banlieue, pour nous, gens du Sud-- du midi moins le quart. Nous connaissons tous les deux ; nous y avons déjà fait un séjour, il y a fort longtemps, chacun de notre côté. B... à la poursuite des carpes, et moi, faisant les débuts au fouet derrière les black-bass. C'est un lac immense, tout en longueur. Cent kilomètres de long pour les modestes ( rares, parmi les pêcheurs ! ) et cent vingt pour ceux qui exagèrent ( c'est ce que nous dirons ! ) C'est la mer d'Aragon, à droite de Lérida, en "descendant" sur la carte. Un immense réservoir d'eau destinée à transformer la caillasse en terrain à vergers, et aussi accessoirement à la pêche. Il va falloir se coltiner 500km en passant par le val d'Aran, pour terminer au camping de Caspe. A cette saison (avril), les seuls clients sont des pêcheurs. Avec des barques partout, du petit canot de 2,8m , au puissant "Nitro", la bête des lacs. Ce n'est pas en vendant le poisson que le propriétaire d'un tel engin pourra se rembourser de ce qu'il lui a coûté ! Mais quand on aime...(et qu'on a des sous !). Nous, nous avons loué une barque en aluminium de 4,3m, avec un moteur de 10cv. Plus modeste, mais suffisant pour se faire plaisir. Nous aurions pu mettre une de nos barques au cul du camping-car. Mais quand on connaît la galère que c'est pour pouvoir l'utiliser là-bas... Immatriculation spécifique au lac, avec taxe à renouveler tous les ans. Si je ne suis pas bon en Anglais, en Espagol ce n'est guère mieux. Alors les administrations du pays, au téléphone, ou même par e-mail...
Passé le rituel des courses au super-marché juste après la frontière - spécialisé dans la vente par cartons entiers d'une anisette très appréciée en France - nous arrivons dans l'hotel-restaurant qui nous héberge habituellement quand nous allons passer un week-end en bande organisée à piquer les truites de la Garonne. Et B... voudrait savoir si les cailles à la "plancha" sont toujours aussi bonnes. Ca tombe bien,c'est l'heure !
Le repas était bon, la patronne toujours aussi accueillante. Espérons que la guardia civil n'aura pas des ballons à gonfler... Je laisse élégamment le volant à B... pendant que moi, j'incline le dossier de mon siège... Repos et béatitude... Je me réveille pour voir la dite guardia civil qui nous double dans sa belle voiture aux guirlandes bleus qui clignotent sur le toit. Bizarre comme ils ralentissent après nous avoir doublé. B... les avait vus, un peu avant, attendant le chaland au bord de la route. Moi, aux trois quarts couché, j'en profite pour mettre la ceinture. "Tellement j'étais pressé de ronfler que je l'avais oubliée" dirait.... Et quelques kilomètres plus loin, voici à nouveau nos deux guardias, plus militaires que civils dans le comportement et surtout dans le geste de l'un d'eux, ne laissant aucun doute sur ce qu'ils nous commandent... On s'arrête. Papiers et explications dont il ressort que, précédemment, je dormais certes, mais non ficelé sur mon siège. "Mais maintenant je suis attaché...". "Ok. Vous pouvez contester, mais vous laissez votre véhicule ici." Je nous vois, tous les deux, faisant du stop pour aller sonner au premier avocat que nous trouverions, et lui expliquer... Et la cagnotte que nous venions à peine de créer, d'être délestée de 105€. Nous savons maintenant qu'en Espagne, une ceinture non bouclée coûte bien plus que deux repas ! Chaque fois que vous la mettrez, vous pouvez vous offrir un restau : c'est ce que vous aurez gagné! Et nous continuons de rouler. Nous ne sommes pas sur une autoroute, et c'est un peu longuet : nous arrivons vers 19h. Emplacement réservé, récupération du permis de pêche de l'Aragon, la barque pour demain : tout est prêt. Merci Internet !
Et comme d'habitude, B... au fourneau, et moi à la plonge. Repas et au lit.
Nous récupérons la barque - tient, c'est la même que la mienne, mais avec console et démarrage électrique
: le luxe, quoi ! Je prends le volant, et à l'avant, B... s'occupe du moteur électrique.
Petit problème : l'embarcadère est éloigné de notre
emplacement. Il faudra prendre le camping-car chaque jour pour trimbaler le matos : cannes, sac à leurres, batterie, moteur élctrique. Sans oublier le casse-croûte de midi. Nous avons aussi
apporté un écho-sondeur qui s'avèrera très utile pour déterminer le fond. Ainsi paré, nous pouvons attaquer ! Pour commencer, nous suivons les conseils d'un ami, habitué des lieux et allons au
premier coin marqué d'une croix sur la carte.
Premiers coups de ligne sous une falaise, dans les "casses", éboulis de gros blocs de pierre.
J'ai droit à deux décrochages : pas encourageant, pour un début ! Nous essayons un tas de leurres dont je ne me souviendrai jamais du nom. B..., pour ça, est une vraie encyclopédie. Encore heureux, c'est son boulot ! Au poisson manié, dans les cailloux, sur le sable, en profondeur, sur les "plages"; pêche intensive, avec un seul petit arrêt à midi pour manger. Sous un soleil de plomb. Je vois B... prendre des couleurs. Ce doit être pareil pour moi, et la crème de protection est restée au camion.
Au milieu de la journée, au "plastique", je prends coup sur coup deux belles perches. Un poisson
nouveau venu dans ce lac.
B... fait trois sandres. Nous en mangerons un. Pas de chance pour lui. Les autres, nous les remettons à l'eau. Nous ne
sommes pas à la mode du pays : ici, les pêcheurs viennent souvent avec leur congélateur, qu'ils remplissent, prenant tout, de toutes les tailles. On comprend pourquoi il y a de moins en
moins de gros sandres.
Nous retrouvons le camping-car vers 19h, crevés par l'air, le soleil, la réverbération. Pourquoi, une journée en barque est-t-elle souvent plus fatigante qu'une
journée à courir le long d'un ruisseau ? Nous serons vite au lit. Après la douche, le petit apéro ( j'en entend d'ici qui disent : "pourquoi petit..." ? ) et le repas.
La journée n'a pas été terrible. Nous sentons que nous ne sommes pas encore au point. Et si les perches sont belles, les sandres, par contre, sont petits
Le lendemain, départ vers 9h30. Notre barque de location nous attend, solitaire à son ancrage. Tout le monde est déjà sur l'eau, et
depuis longtemps pour certains. " Nous ne sommes pas ici pour nous faire du mal" dirait B... Et dans le camping-car, nous dormons comme des bébés bien sages. Nous ne pleurons jamais de
toute la nuit : le biberon, nous l'avons pris avant de nous coucher !
Le remplissage de la barque est toujours une corvée. Surtout pour B... qui, pour soulager mes jambes branlantes et douloureuses, se chargera comme un mulet, me laissant le soin de porter le jeu de cannes.
Sur toute la journée, B... varie les prises. Dans le classique, il sortira quatres sandres, jamais très gros. Ayant réussi à attraper une petite ablette, il la laissera tomber sur la tête d'une carpe.
6 ou 7 kg à peine, mais sur une tresse de 10/100ième, il faut quand même être prudent.
Et ça recommence sur un banc de sable, par 3 ou 4m de fond ! Cette fois, c'est avec un leurre en plastique muni d'un gros
plomb "sabot" qu'il tente d'assommer la bête. Et quelle bête ! Lourde, pas nerveuse, collée au fond. Mais pleine de compréhension et, ma foi, très coopérative. Elle se contente de se ballader
d'un côté à l'autre de la barque. Il faut quand même un petit quart d'heure pour en venir à bout, toujours sur la tresse de 10/100ième. Un silure d'environ 1,5m
On ne compte pas le nombre de décrochages, surtout au poisson manié. Quant à moi, je reste dans le traditionnel de Mequinenza : 4 sandres
Il fait un soleil de plomb et la crème solaire ne nous empêche pas de rentrer avec un lumignon à la place du pif.
Nous avons appris une chose : la sandre, en ce moment, se tient davantage sur les "plages", par 7 à 8m de fond que dans les rochers. Bien qu'ayant déja frayé, il n'a pas encore rejoint les grandes profondeurs, où on ne prend
que quelques "sandrillons" de 30cm.
Nous sommes encore les premiers au port . Décidément, nous ne devons pas passer pour des acharnés . Mais qu'elle est bonne, cette bière espagnole, après une journée passée sous le cagnard !
A 10h je couche mes jambes lourdes et enflées qui vont me faire souffrir toute la nuit. Demain sera un autre jour...
Un autre jour qui ne commence pas trop tôt : des fois que nous ne serions pas les derniers à partir ! Pas terriblement en forme, le vieux. Transpiration matinale, frissons, un peu dans du coton. Ca sent les lendemains d'un coup de soleil. Et peut-être d'un coup d'apéro... Quand on s'abstient de prendre des boissons alcoolisées pendant un certain temps, gare à la reprise ! Faut donc pas trop s'abstenir... Mais le temps est frais, le soleil voilé, la température idéale : on va se régaler.
Sauf que les sandres ne sont pas du même avis. La matinée est nulle. Rien de rien, ni au plastique", ni au manié. nous nous arrêtons au fond d'une crique pour manger. Notre arrivée provoque l'affolement des carpes qui sont là, sur la vase, toute occupées à convoler. Il y en a des quantités. Quand tout se calme, à la surface de l'eau trouble, on voit passer une multitude de petits poissons : des ablettes. Je sors ma petite canne et sur un hameçon de 20 j'en prends quelques unes. Pas grosses : 7 ou 8cm, et pas faciles à piquer.
Et c'est à l'ablette, plus ou moins morte - le vif est interdit paraît-il - qu'entre les nombreux décrochages et autres "coup de nez" je sors 7 sandres, jamais très gros ( 50, 55cm). B... , à part quelques touches, rentre ... bredouille! Ca me rapelle un autre jour, en Alaska, où, de rage, il aurait bien assommé un saumon avec son moulinet pour pouvoir en rentrer un ! Et nous allons boire une bière à Mequinenza où nous achetons des asticots - beaucoup trop gros pour ces petites ablettes.
Douche, repas et dodo. Classique...
Et le matin suivant, remplissage de la barque. B...devant, chargé comme une mule, prenant soin de la santé de son vieux compagnon, et moi suivant, porteur des cannes. Merci, B...!
Il tombe quelques gouttes : un bon temps pour la pêche .B... prend quatre sandres : un avec une salamandre en plastique, et les autres avec des ablettes .
Moi, je me contente de deux poissons. C'est pour corriger le déséquilibre d'hier ! Petite journée, sans rien de marquant.
Impossible d'émerger avant 8h30 ! Incroyable ce que l'on dort dans ce camping-car ! Nous sommes toujours les derniers à prendre le large, et nous allons directement à "notre" coin
d'ablettes. Rien avant midi, malgré la pâte que nous leur offrons. Patience : mangeons et nous verrons bien après. Il semble que nous soyons meilleurs avec le ventre plein puisque nous
réussissons à en prendre quelques unes ! Grâce à elles, B...ajoute 11 sandres et 1 perche au tableau.
Moi, 7 sandres et trois perches.
Vingt et un poissons sur la journée. Le record de la semaine.
Excellents ces filets de perche ! Quant aux sandres, on attendra qu'ils grossissent avant de les manger. Même si nous en entendons parler au camping, les prises de 70 ou 80cm sont rares.
Décevant. Avec tous les pêcheurs qui viennent remplir le congélateur amené pour l'occasion, les grosses pièces se font rares dans le coin. Il faudra bien mettre un jour une limite à tout cela...
Dès 9h ( ! ) nous fonçons vers notre coin. Nous avons maintenant nos habitudes. D 'ailleurs, c'est toujours sur les mêmes postes que sont les barques. Le sandre a ses
petits coins, ses lieux de réunions ! Trente minutes plein pot et nous arrivons sur nos ablettes. Enfin, en théorie, car aujourd'hui c'est le fiasco complet. Si le sandre est casanier, les
ablettes sont balladeuses. Reste les leurres. Mais les trois ou quatre postes repérés ne donnent rien. Encore une fois, il faut attendre l'après-midi pour pouvoir piquer une douzaine de ces
sardines d'eau douce.
Pas terrible.
Elles seront vite épuisées. A la seconde tentative, j'aborde en faisant un tel "bordel" ( dixit B...) avec la barque et le moteur, qu'elles disparaissent toutes. Sur le coup, B...
me fait un peu la gueule ! En cherchent bien, au fond des anses où l'eau est la plus chaude, nous en ferons quelques autres, mais le temps passe vite. Nous terminons la soirée sur le meilleur
endroit que nous ayons repéré sur la semaine, et où nous avons toujours été seuls.
Pour plus de rapidité, je monte mon bas de ligne directement sur la tresse de 10/100ième, sans émérillon. Résultat, je casse deux fois au ferrage : le fil nylon de 24/100ième cisaille la tresse au noeud. "T'as qu'à savoir faire les noeuds..." me dit B..., pas content de constater que ses leçons n'ont servi à rien ! Surtout qu'en plus, je mets en cause le matériel qu'il me vend !
Enfin une bête un peu plus grosse que les autres : je sors un sandre de 61 cm ( mesuré ). C'est sans doute le plus gros de la semaine
Je le remonte en "pompant", comme si c'était - ce que je pense tout d'abord - un petit silure. Aucune défense. Décidemment, le sandre ne sera pas mon poisson préféré - sauf sur la table !
On garde trois belles perches qui, elles se bagarrent avec puissance et nervosité. Si je reviens à Mequinenza, ce sont elles que je rechercherai.
Dernier jour : c'est le départ. C'est court, une semaine, voyage compris. Retour vers la France, en passant encore par le Val d'Aran. Sans mauvaise rencontre avec la Guardia Civil. Mais avec un bon repas dans le restaurant voisin du précédent. On peut comparer : c'est mieux, plus sympa et moins cher. Avis aux copains...
En conclusion :
Pêche moyenne de 7 à 8 poissons par jour ( sauf le fameux jour à 21 ) en comptant tout, petits et gros.
Dans l'ensemble, le sandre est petit et maigre : rarement plus de 60cm. Par contre, les perches sont belles et vigoureuses : il serait interressant de les traquer en particulier.
Le camping est bien, propre, avec sa petite épicerie et sa bonne bière.
Les barques louées sont à fond plat, en aluminium, avec un moteur suffisant de 10cv. (4 temps obligatoire )
Le prix ? 170 € pour l'emplacement du camping-car, l'électricité et deux adultes.
420 € pour 6 jours de barque avec 30 l d'essence qui nous ont suffit pour la semaine.
C'est ce dernier point qui plombe la semaine, mais venir avec sa propre barque nécessite de la faire immatriculer spécialement pour ce lac et de payer une taxe tous les ans.
Reste plus qu'à attendre la prochaine ballade. Je pense que ça ne va pas trainer...
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