Partager l'article ! Les truites du Canada : 2ième partie: Colombie Britanique. Autre état, autre permis : 58 CAD pour la licence annuelle de l'état, ...
Colombie Britanique. Autre état, autre permis : 58 CAD pour la licence annuelle de l'état, plus 21 CAD par jour pour la rivière. Pas donné, mais nettement moins cher qu'en
Slovénie.
A Sparwood, nous partons vers le sud, vers Fernie. J-P... et M... sont des amateurs de grandes rivières, avec de grands plats. Là où les truites sont les plus grosses et les plus
difficiles. Là où la truite ne devient intéressante qu'à partir de 50 cm ! Normal : pas besoin de faire autant de kilomètres pour prendre des "gwelles" : nous en avons chez nous.
Première impression : le long de la Elk River, les accès autorisés sont nombreux. Fini le fil de fer barbelé et plus rares les panneaux "no trepassing", "no enter".... C'est une très
belle rivière, à l'eau parfaitement claire, courant sur des galets sans la moindre mousse. Une rivière comme on les aime.
Arrêt au premier parking, au-dessus du côté extérieur d'un large virage où un enrochement soutien la talus de la route. Le coin, avec ses gros rochers me semble être un parcours bien
difficile pour mes vielles guiboles et mon équilibre incertain...
Je choisis l'aval
En cette fin de saison, dans un endroit aussi facilement accessible, les truites doivent avoir des mouches plein la gueule. J-P... et M...n'en ont cure : si elles sont là, ils les
prendront. Quant à moi,je coupe à travers champs et bois et j'arrive au bord de l'eau...après avoir parcouru trois fois plus de chemin que si j'avais suivi la rive ! Je pêche la bordure
d'un grand courant régulier pour attraper quatre jolies cutthroats, pendant que J-P... et M... en font trois ou quatre ...douzaines ! C'est à peine si j'exagère. J-P..., voulant me prouver que là
où j'étais il y a aussi du poisson, m'oblige ( ! ) à redescendre avec lui et joue les guides : "ta soie par-ci, ta mouche par là..." Le meilleur truc pour que je ne fasse que des "cagades". (les
gens du midi me comprendront ! ) . Heureusement, deux canoëts aux rameurs emmélés dans leurs pagaies me sauvent en venant se balader sous nos cannes. Et en pêchant, je consolide ma réputation de
dragueur. ( rien à voir avec la nénette du bâteau, dailleurs bien encadrée...) Avec les reflets du soleil et ma vue faiblissante, malgré les lunettes, j'ai beaucoup de mal à voir ma mouche. De là
à savoir si elle tire sur le fil... Pas grave : le plaisir n'en est que plus grand quand j'en prends une ! Et J-P... qui lui, les fait naître ! Je lui tourne le dos pour ne pas voir !
je prendrai quand même cinq autres poissons, dans un autre enrochement, le long de la route. J-P... en sortira une dizaine, plus haut ; et M..., en face de moi en fera deux.
L'avantage de la pêche en no-kill c'est que, même dans les endroits proches de la route, où tout le monde pêche, les truites sont toujours là. Plus craintives et un peu plus délicates quant au
choix de leur menu : la réussite n'en est que plus grande !
Un peu plus loin, toujours au bord de la route, pendant que j'enfile mon armure couleur "cuisses de grnouille",J-P... et M... qui sont descendus voir la rivière, remontent tout
exaltés : ça gobe partout, là, sous nos pieds ! Encadré par mes deux copains, je suis installé devant tous ces ronds sur l'eau. J'ai les truites sous ma canne, en train de se gaver de je ne
sais quoi, en bordure d'un courant. Bien sûr mes premières mouches passent au-dessus d'elles sans intéresser qui que ce soit. Pourtant, c'est tout près, sans reflet et je vois bien ma mouche. Je
l'assure : je ne drague pas ! Quelle déception, quelle frustration, quand vous voyez votre imitation descendre, encadrée de gobages, refusée systématiquement, avec le plus grand des
dédains, par un tas de bestioles en folie ! Dans ces moments là, le plus dur est de garder son calme... "Change de mouche, varie le menu. Attention, prend ton temps, fais bien ton noeud pour ne
pas que la première que tu auras la chance d'intéresser, ne se débine, mouche au bec." Quelle rage quand on ne voit revenir qu' un tortillon au bout de son bas de ligne ! J'essaierai tout,
et même un des fagots type "feu d'artifice" muni de pattes que j'ai acheté dans le pays !
Finalement, c'est avec une émergente en c-d-c , avec un gros sac
alaire - un sac à dos, comme je l'appelle - montée sur un hameçon de 16, que j'en srs une dizaine M... et J-P..., dont une seule dépassera les 40 cm. M...et J-P... en feront peu, en amont.
Encadré, observé, conseillé, je prends, sous mon nez, avec trois mètres de soie, deux belles cutthroads. Pour la troisième, ayant pris de l'assurance, je tire comme un malade pour remonter plus vite et en attraper vite une autre. Mon 16/10ième ne résiste pas ! Il fait nuit. Je prends une gamelle dans les galets - il y en aura d'autres - et nous rentrons. A J-P... la corvée du repas tout en sirotant le whisky du pays. Les M&M feront la plonge. Que les puristes nous jettent un tombereau de pierres, mais nous ne pouvons pas résister à l'envie de manger deux poissons de l'Elk River !
Et dodo.
Réveil après avoir été bercé par les très longs trains qui traversent les rocheuses.
Il faut bien qu'un jour nous pensions à rentrer... C'est le nez du camping-car tourné vers Calgary que nous reprenons la route. Arrêt rapide sur la Michel River où les M&M ne
peuvent passer sans immortaliser le moment.
C'est un torrent qui ne vaut pas la peine de sortir les cannes. D'ailleurs, la personne qui nous vendait les permis, à Fernie, ne nous a-t-elle pas dit que, pêcher la Michel River,
c'était courir d'un trou à l'autre, où se sont réfugiées toutes les truites à cause du manque d'eau, et qu'il suffisait de poser n'importe quelle mouche, n'importe comment, pour les prendre
toutes, les unes après les autres. Donc, aucun intérêt. Que c'est compliqué à comprendre, des pêcheurs !
Nous revenons par la Crowsnest Pass où la vue de quelques fouetteurs sur un lac nous arrête. Il y a toujours autant de vent dans ce passage, ce qui ne facilite pas le lancer du
streamer. J'essaie tout, notamment les bestioles artificielles aux mille couleurs, que j'ai achetées, il y a quelques jours. Rien. Les pêcheurs présents plient leur matos : c'était un jour de
concours. A côté, nous avons une voie ferrée - encore ! - et réunis, les kilomètres de train de la Canadian Pacificific et de l'Union Pacific.
Et dans la démesure, il n'y a pas que les trains, il
y a des camions aussi
Cap vers le Nord, par la Foresty Trunk Road. Maintenant, je sais où ils vont chercher les milions de piquets qui clôturent la plaine. Nous sommes dans des sapins, dominés par des sommets dénudés. Les deux ou trois rivières rencontrées sont petites, avec peu d'eau courant entre de gros galets.. Après avoir tourné vers l'Est, nous retrouvons une petite connaissance : la Old Man River. Au premier trou, nous jetons un oeuil. Entre deux violentes rafales de vent, à travers l'eau cristalline, deux ombres se dessinent. Deux monstres de près d'un mètre de long ! Deux bulltrouts. J-P... , on ne le tient plus ! Le voilà aussitôt dans la rivière, avec un gros srteamer noir, puis une grosse nymphe, puis une...cuillère !
Nous, de sur le rocher, on guide son tir ! Une cuillère ! Au bout d'une canne à mouche ! Il est vraiment temps de rentrer. C'est quand même la seule chose qui en fera bouger une.. Même M..., du haut de son rocher, leur fait sautiller un nymphe devant leur nez. Heureusement que nous n'avons pas d'asticots : ils seraient capable de mettre un bouchon toulousain
J'ai l'impression de voir deux gamins à la kermesse de l'école !
Enfin, un coin pour garer le camion près de la Old Man. Nous y passerons la nuit, malgré les panneaux qui ont réapparus. Nous pêchons avant le repas du soir, et j'ai droit au seul contrôle du
séjour. Le garde, grand et habillé comme à la parade me demande le permis, le consulte et se saisit de ma mouche qu'il osculte en levant le nez
au ciel. " no barbeless " . Bof...! Je ne comprends pas." Two hundred dollars ". Je ne veux toujours pas comprendre, mais je frime moins . Il m'arrache une autre mouche du gilet : "
200 dollars "... A la toisième mouche, il sort la pince et me montre comment il faut faire pour écraser l'ardillon de l'hameçon. Je prends l'air le plus ahuri possible - je sais : ça ne
m'est pas dificile ! - et... ça le fait rire ! Ouf, c'est gagné . Il repart et nous laisse un bouquin sur le pare-brise du camping-car, avec toute la législation. Nous l'avions déjà. Longtemps il
racontera à ses petits enfants qu'une fois, il a contrôlé un français, et qu'il peut affirmer que ce ne sont pas des gens bien fûtés, Mais pas méchants !
Whisky, repas, vaisselle et au lit. La nuit sera froide : il gèlera. A propos de whyski, le canadien doit être bon. Mes deux compères qui, en bons enfants du midi ne juraient que par
une fameuse boisson anisée, s'y sont parfaitement adaptés !
La journée s'annonce belle. Deux pêcheurs s'habillent près de nous et nous demandent de choisir : aval ou amont ? Nous partons vers l'aval.J-P... et M...ont de bonnes jambes et s'en
vont, sur la plaine, dans le lointain... Partant du camping-car, je descend lentement, essayant de repérer les gobages. Il me faut arriver à un trou au soleil pour voir le premier. Je prends
trois belles cutthroads et une autre ma casse.
Trop négligeant pour refaire les noeuds après plusieurs prises. Rejoins par les deux copains, nous remontons au camion pour manger. J'en profite pour m'étaler de tout mon long ( ça ne fait
pas si long que ça ! ) dans les galets. Mon épaule gaucha, déglinguée lors d'un précédent voyage au Maroc, m'en tiendra rigueur jusqu'à ce que j'aille la faire chouchouter par un chirurgien !
L'après midi, pendant que J-P... et M... restent sur des plats à se batailler en vain au milieu d'un paquet de gobages, je redecends vers "mon" trou. Et j'ai la riche idée de
couper par la prairie . Après moults détours en longeant les barbelets pour trouver un passage, j'arrive à mon coin en ayant parcouru trois fois plus chemin que si j'avais suivi la rivière ! J'ai
le même problème que les copains : ça mouche, mais ça ne prend pas. Je crois avoir trouvé la solution quand j'en prends une avec une fourmi.
Mais sans doute, c'est la seule mentalement retardée. Les autres continuent à bouder mes appâts.
Ca ne nous empêchera pas de bien manger et de bien dormir.
Le matin, nous retrouvons une route de montagne. Une bonne et vraie route qui tourne ! Enfin, un peu. Ce n'est pas la Corse, ici ! Passage par la station de ski de Kananaski et
arrivée sur la Bow Valley, à l'Ouest de Calgary.
Nous trouvons une vallée industrialisée, avec plusieurs retenues. C'est une grande rivière, avec un courant uniforme. Arrêt à la station de ski de Canmore pour faire des courses. Ca
ne respire pas la misère ! D'ailleurs, les prix au super marché ne laissent aucun doute sur la fortune des clients. Nous faisons une tentative de pêche, dans un camping, près du cours d'eau. Pour
moi : un gobage, une truite fario... de 25cm ! Ca fait bizzare : on se croirait chez nous ! Pour M... un gobage : une casse. Pour J-P...: rien. Après avoir bien cherché, nous trouvons un
coin pour la nuit. Prés d'une voie ferrée : une habitude !
Cete fois, c'est bien le dernier jour. Vu du pont, il y a bien trois ou quatre gobages matinaux. Des truites qui prennent leur petit déjeuner dans un endroit totalement sécurisé,
inaccessible depuis la berge. D'ailleurs, la berge elle-même est inccessible. La Kananaski qui se jète dans la Bow, doit être belle, plus haut. Mais comment l'atteindre ? Finalement, en
descendant vers Calgary, nous trouvons un parking près de la rivière. C'est l'après midi. Les hommes travaillent, les nénettes promènent leur toutou. c'est un parc à chiens, bien clôturé au bord
de la rivière. A l'entrée, un sac avec des toutounettes et un panneau : à partir d'ici vous pouvez promener votre chien en toute liberté. Et même si la voiture n'est qu'à cinq mètres de la porte,
on met la laisse pour sortir de l'auto, et on l'enlève à l'entrée du terrain vague. Car c'est bien d'un terrain vague dont il s'agit, avec sentiers tracés dans les herbes sèches. Et dans le
terrain vague,en pleine campagne, au bord de la rivière, on ramasse les crottes du chienchien. Dommage pour les herbes : on leur enlève l'engrais de la racine ! Moi, je ne pêche pas. Rangés, mes
waders. Ce qui oblige M... à me porter sur son dos pour traverser un gué.
Rien, les eaux sont pourtant belles. Mauvais moment,
ou pas de truites ? Nous ne le saurons jamais.
Il faut faire le plein, vider les eaux usées, laver le camion. Il y a plein de stations pour ça. On passe sur le site des J-O et c'est l'heure de trouver le dernier dortoir : une
zone industrielle près du loueur à qui il faut rendre le campig-car à 10h. Dernière péripécie : on se fera vider à 5h du matin. Nous sommes sur le parking d'une boîte qui embauche tôt.
Et nous voilà sur le vol du retour. Sept heures à somnoler jusqu'à Frankfort. Arrêt "mousse" et Frankfort-Toulouse. Récupération des bagages, à l'exception de toutes les cannes. Une
habitude nous dit J-P. La voiture est toujours sur le parking, en état. Pas forcée, rien n'a été volé. Il ne manque que du jus dans la batterie ! Deux minutes avec le booster d'un
garagiste et 50€ plus tard nous sommes sur les routes de France.
Nous récupèrerons les cannes seulement 15 jours et 20 coups de téléphone plus tard. La compagnie aérienne qui avait égaré le colis l'avait confié à un transporteur qui lui, l'avait
perdu !
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