Partager l'article ! L'ombre de Slovénie, de Croatie et de Bosnie...: J'ai aimé, j'y reviens ! 7h du matin, le moteur tourne. Avec B..., cette fois, je repar ...
J'ai aimé, j'y reviens ! 7h du matin, le moteur tourne. Avec B..., cette fois, je repars pour la troisième fois dans l'ex-Yougoslavie. B... qui m'a emmené au Montana, en Alaska
et en Ecosse. Pas d'avion à prendre. Nous avons un camion avec soute et placards, cuisine et "chambres'. Et même un cabinet de toilette avec douche chaude ! L'indépendance totale, en quelque
sorte . Et ce n'est pas pour quatre matins que nous embarquons, mais pour trois bonnes semaines. Le temps de voir et d'apprécier.
Au programme : la Slovénie et les fameuses Soca et Idrijka ; la Croatie bien connue avec la Kupa et la Gacka ; et la Bosnie, avec l'Unec et l'Una. Et d'autres rivières si cela ce
présente.
C'est parti pour près de 1300 km d'autoroute. Pour la multitude de tunnels en Italie, et la fastidieuse plaine du Pô. Comme d'habitude nous dormirons vers Venise. Dans un recoin d'aire
d'autoroute plutôt calme pour l'endroit. D'ailleurs, cela n'a pas beacoup d'importance : assommés de fatigue, nous sombrerons comme deux grands bébé.
Le matin : un peu d'eau sur le museau, nettoyage des quenottes et nous nous glissons entre les camions pour une nouvelle journée.. Une demi journée, plutôt : la Soca --prononcer "
Sotcha"-- n'est pas très loin. Arrivée à Tolmin vers midi et premier repas à la terrasse d'un restaurant du coin, au dessus de la rivière, ou plutôt d'un lac de barrage sur la rivière.
Les eaux sont très vertes : eaux de neige ?
et de l'Idrijka qui naît dans un massif de Slovénie
D'un côté, eaux fortes et vertes de la fonte des neiges qui blanchissent encore les sommets, et de l'autre, eaux claires et basses, roulant sur de gros galets.
Nous optons pour la seconde rivière aux gros cailloux. L'enfer pour mes pauvres pieds ! Les eaux sont claires, certes, mais le fond est douteux. Je connais cette mousse sombre qui recouvre
tout et rend le fond extrèmement glissant. On laisse une trace claire en marchant sur les fonds sablonneux. Ici aussi, il y a quelque ville ou village qui pollue en amont. C'est cher payé pour
une qualité si médiocre.
Le premier poisson sera on ombret de 15 cm pris par B... Suivi d'une truite de 50cm qui cassera à la remise à l'eau. Une arc-en-ciel. Une truite de bassine ! Faire tant de kilomètres pour
prendre des bêtes de pisciculture, dans une rivière polluée de surcroît. Je pense que, sur un forum bien connu des pêcheurs à la mouche, certains intervenants devraient modérer leur enthousiasme
quand ils parlent de l'Idrijka ! Ca éviterait les déceptions pour ceux qui se fient à leur propos pour organiser leur voyage. A moins que ce ne soit fait exprès...
Après un coup du soir sans la moindre éclosion, sans la moidre activité, c'est de nuit que nous cherchons un coin pour dormir. Nous avons bien repéré un camping vers Bovec, mais
c'est trop loin. Et de toute manière je préfère la solitude nocturne. Retour vers le bas de l'Idrijka, sous un pont... de chemin de fer ! Et un pont métallique , en plus !
Nous n'entendrons que le premier train. Les autres ne troubleront pas notre sommeil de plomb.
Réveil à...8h45 ! Second jour de pêche. Pas très enthousiastes. Mais nous avons pris le permis pour trois jours : une erreur à ne pas renouveler. Si le premier essai est infructueux, mieux
vaut ne pas être enchaîné à un lieu. Mais nous avons payé, et payé cher. On en bavera jusqu'au bout...
Rencontre avec deux pêcheurs suisses. Sur leur conseil, nous allons sur la Boca, rivière qui vient se perdre dans l'Idrijka, tout près de notre "dortoir". Eaux très claires et gros
galets. On pourrait pêcher à vue... si on voyait des poissons ! Pourtant, il doit bien y en avoir : B...sortira une belle fario d'un kilo et sera vivtime d'un décrochage. Une grosse arc-en-ciel
semble-t-il. En nymphe. Moi, en sèche, je ferai une belle bredouille. J'essaie bien de pêcher en nymphe avec un indicateur ; mais, outre que c'est la galère pour obtenir un semblant de précision
dans mes fouettés, je n'aime pas du tout cette pêche au "bouchon". Ca me rappelle la pêche aux barbeaux dans les courants du Tarn.
Pour le coup du soir, ce sera sous le pont de chemin de fer où, de jour, nous trouvons un petit coin bétonné, avec un semblant de lavabo cloué sur un arbre, et un robinet...sans eau
! Quant aux poissons, dans une Idrijka aussi polluée que nombre de rivières de chez nous, nous en prendrons deux. Deux arc-en-ciel de cirque, ventrues et à moignons. La mienne fait 40 cm, et B...
sera meilleur avec une truite de 50cm. Il sera d'ailleurs toujours meilleur ! Va falloir que je m'y fasse : ce sera ainsi jusqu'au dernier jour. Pas un hasard sans doute.
Avec deux "pivos"--nom générique de la bière dans tous les pays de l'Europe de l'Est --quelques patates à l'eau mélangées à une daube--conserve maison-- nous sommes bons pour un gros dodo,
bercés par quelques trains qui nous passent bruyamment sur la tête, jusqu'à...8h45 !
Le matin nous voit émerger, mais indécis... Qu'allons nous faire un jour de plus avec, au choix, une rivière aux eaux basses et polluées, une autre plus petite, belle, mais aux
poissons incertains et peu coopératifs, et une troisième qui nous conviendrait bien si elle était dans son état normal ; la Soca est magnifique mais forte de son eau de neige et
difficilement pêchable. Il ne sera pas dit pourtant que nous aurons largué les derniers 50€ pour rien.Nous posons nos mouches sur les bordures, sur cette eau froide et verte. Magnifique,
d'ailleurs. Mais pas facile de remonter le courant avec de l'eau jusqu'aux hanches. Pendant deux heures. Pour rien.
Nous reprenons la route avec un sentiment de regret et d'acte partiellement accompli, le long de l'Idijka, vers Ljubijana et la Croatie proche. Plus nous remontons la rivière, plus
son fond devient sombre, colmaté par la mousse. Arrêt à Idrija où malgré tout nous apercevons une truite qui survit . Heureusement, le fond de la bouteille de "pivo" n'a rien à voir avec
celui de la rivière ! C'est la fin de l'après-midi : nous voilà à Brod na Kupi sur la frontière Croato-Slovène.
Là, je connais. Rien n'a changé depuis l'an dernier. Je sais où trouver l'eau et où garer mes quatre roues pour la nuit.. Ici, camping sauvage obligatoire : par de terrain à
l'horizon. Après une visite des lieux pour montrer la rivière à B... ,repas et au lit.
Le lendemain, visite du grand centre du coin : Delnice, à une douzaine de kilomètres. C'est à la poste que nous changeons quelques euros. Nous ne sommes plus dans l'Union européenne,
et on paye en Kunas. Deux superettes, un marchand de fruits et quelques autres magasins divers suffiront à nos besoins. Pour un français, le plus difficile, c'est pour le pain : grosses
flûtes molles qui tiennent plus du pain de mie que du pain de campagne croustillant de chez nous. De toute manière, j'ai rarement vu des français à l'étranger contents de la nourriture
autochtone.Tout au moins dans les pays où il y a des truites ! Sauf en Espagne... Nous faisons le plein d'eau à "ma"source habituelle, sous le panneau de Cocicin (prononcer : Cochichin)
Et c'est parti pour une partie de pêche, à150 kunas ( 21 € environs ). Je suis un pêcheur bien moyen en mouche sèche, et en nymphe, je n'y connais pas grand chose !
Quand il n'y a pas de gobages, il faut bien s'adapter. Me voilà à nouveau avec un "casque d'or" au bout du fil et un indicateur en patte toute rose ! Pas chaud du tout, le mec, pour pêcher avec
cet attirail. Mais je m'y fais, et après quelques sac de noeuds, je mets même en potence une micro nymphe sombre. Si ce n'est pas efficace, j'embrouillerai encore plus : ça fera passer le temps !
Surprise : je prends, dans la matinée, six ombres dont un qui doit bien "peser" ses 45 cm ! Belle bête, grâce à ma micro-nymphe. Je commence à trouver quelque interêt dans ce montage.
D'autant plus que mes fouettés se sont nettement améliorés. Dans l'après-midi, je ne ferai que quelques rares "gouelles". Au coup du soir, toujours pas de gobages malgré les éclosions--rares-- de
sedges. Après deux casses sur ma micro-nymphe, je passerai du 10 au 12/10ième. Quand je dis "pas de gobages", ce n'est pas tout à fait vrai. Par deux fois, un ombre de belle taille est venu me
piquer... la patte rose de mon indicateur ! Proposez à des gens une côte à l'os et voilà-t-y pas qu'ils préfèrent le hamburger du Macdo ! Et cela nous est arrivé plusieurs fois, dans le séjour.
J'ai même été tenté de mettre un peu de cette mixture sur un hameçon à la place de ma mouche sèche. Ils auraient été foutus de me bouder l'appas. Allez comprendre ces bestioles !
B... fera neuf ombres le matin ; sept en sèche, dont le plus gros de la journée. Il se permettra même de sortir deux "cabots" (chevesnes) au coup du soir.
A noter : nous avons eu droit au passage du premier canot pneumatique, avec six hommes à bord. Ca crie, ça hurle,ça tape l'eau avec les pagaies, ça ne salue pas, et ça se fout de
notre gueule quand ça passe. Rien à ajouter...
Heureux de notre journée, nous plongeons dans nos couettes vers 23h30, après l'habituel repas arrosé de "pivo"...et peut-être aussi d'un peu de Bordeaux...
Le lendemain matin, ça démarre fort. La batterie auxiliaire est à plat, et quand le motaur tourne, elle ne charge pas. Les années se suivent et se ressemblent. L'an dernier, c'est
sur la placette de Brod na Kupi que j'ai le nez dans le moteur, en train de bricoler un montage en parallèle des deux batteries. A refaire ! Nous roulons tous les jours un peu : ça devrait
charger suffisamment. Trois tours de clé et cinquante centimètres de fil électrique plus loin et c'est reparti !
Au lever, devant nous, le canot d'hier est sur le bord d'en face, où les gars si polis ont planté leur camp. En plus, ils pêchent au lancer, à la cuillère. Ils prennent ... un
chevesne ! Bien fait !
Sur l'autre berge, tous les pêcheurs vous le diront : c'est meilleur. Nous passons donc la frontière pour la seconde fois. Dans les jours qui viennent, les douaniers auront souvent
affaire à nous. Ou l'inverse ! Il n'y aura jamais le moindre problème. Nous remontons la rivière côté Slovène et nous nous apercevrons vite que les autochtones aiment aussi la pêche. Il y a
du monde partout et paradoxallement assez peu de voitures.Oubien ils sont venus à six par véhicule, ou, comme le dit B... : "c'est un bus qui les a déposé" !
Le matin, je prends uns quinzaine d'ombres de belle taille. De trente à trente deux centimètres. Ils ont bien mangé, cet hiver : ils sont plus gros que l'an passé. Ou c'est parce que
je pêche en nymphe ?
B... n'en prendra que trois ou quatre. Aujourd'hui, il
est plus rochon que d'habitude : peu de poissons et trop de pêcheurs. Au coup du soir, il en sortira un de 40 cm, juste sous le camping-car.
Le coin deviendra sa boutique à ombres où tous les jours il dérouillera sa canne avec les deux ou trois spécimens qui lui resteront fidèles. D'où l'intérêt du "no-kill'.
Il fait déjà nuit. B... est au fourneau, et ensuite ce sera la plonge pour moi. Encore une nuit sans rêve, jusqu'à ...8h45. Je ne le répèterai pas : nous nous lèverons tous les jours
à la même heure !
La journée s'annonce mal pour moi : inflammation à mon gros orteil droit, avec peut-être infection au coin de l'ongle. Pommade, pansement sous le chausson
en néoprène du wader. Le tout calé dans la chaussure à clous. Avec la macération dans la transpiration, toute la journée, je ne suis pas sûr que ce soit le meilleur des remèdes. Faudra bien faire
avec !
Même scénario tous les jours : lever, petit déj, douche --pas tous les jours -- permis et café au bistrot en Croatie.
Entre 10 h et 14 h les ombres mordent bien, mais l'après-midi, je marche beaucoup pour pas grand chose. Sauf pour me faire mal au pied. Au coup du soir, je piquerai trois gros pépères de
40 cm, à la micro-nymphe, au "bouchon". D'ailleurs, à la place de la patte rose, je mettrais un jour, un vrai bouchon toulousain ! Je suis sûr que ça marchera pareil. B... fait un mauvais
coup du soir. Peut-être sont-ils devenus plus difficiles, au contact du monde vu hier ? Bien sûr, on les remet à l'eau. Mais eux, ils ne le savent pas, qu'ils ne risquent rien !
Encore une longue et bonne nuit à passer
Après la cérémonie du permis en Croatie, nous retournons en Slovénie, près d'un centre de loisirs visiblement désaffecté. Je l'avais bien dit que les douaniers finiraient par
nous connaître ! C'est un endroit que j'aime bien.. Tout d'abord pour l'emplacement : tout près de la rivière et suffisamment plat pour que B... ne soit pas obligé de tenir la queue de la poêle
pendant toute la cuisson de l'omelette ...
Je pars sur la route vers l'aval. Pas discret, le vieux : la vallée résonne du bruit de mes godillots cloutés et du choc métallique de ma canne --pardon : mon bâton de wading ! --
sur le macadam. L'an passé, je me suis bien amusé dans ces petits courants, pendant que C..., depuis la route, faisait des photos. C...qui,dans un autre camping-car, avec une autre équipe de
copains, est ce soir en train de taquiner les mêmes ombres. Je pêcherai encore toute la matinée au "bouchon" et prendrais encore un bon paquet de poissons de 30 cm en moyenne. Avec quelques
truites, cette fois. Heureusement que nous relâchons ces pauvres bêtes. A ce rythme qui était le nôtre, en France, il y a 30 ans, il n'y aurait bientôt plus de poissons. Je vais en faire hurler
beaucoup qui me diront : " mais si, il y a toujours beaucoup de poissons, mais maintenant, ils sont éduqués ! " Moi, vieux prof à la retraite, j'aurais bien aimé avoir la recette pour éduquer
aussi efficacement les galapias que j'avais devant moi ! A croire que les poissons sont plus malins que notre progéniture. A voir comment, certains soirs, ils sélectionnent leur nourriture, et
comment ils refusent mon imitation, je ne suis pas loin de le penser...
Bon, revenons à notre Kupa ! B... est parti en amont. C'est plutôt calme, et il aime ça . Je le retrouverai, au moment du repas,complètement ébahi, espanté, sans voix ( enfin, c'est
une manière de parler ! ) m'affirmant qu'il venait de vivre une de ses plus belles parties de pêche de sa vie. Des ombres pêchés tout en finesse, sur de minuscules gobages... Des ombres de 40cm
et souvent plus... J'avoue ne jamais avoir vu B... dans un tel état de transe ! En fait, nous étions tous les deux... simplement heureux !
L'après midi, c'est moi qui pars vers le haut. Je prendrai trois ou quatre gros poissons. Des oubliés ou des anciens atteints de cénilité. J'épinglerai aussi une belle et dodue
fario.
Elle, elle n'a pas eu de chance : je l'ai mangée. Très bien préparée par un B... heureux d'avoir une poêle parfaitement stable sur le réchaud ! Les quelques autres truites que nous avons prises
étaient de petites arc-en-ciel d'une vingtaine de centimètres avec une robe très proche de celle d'un tacon.
Coup du soir. Côte à côte, nous nous installons. B... commence à pêcher pendant que moi j'embrouille tout. Je dois refaire tout mon bas de ligne. C'est parti pour quatre noeuds de
chirurgien. Ca me fait penser que, de ces noeuds, j'en ai plein le ventre, entr'autre ! Le nez en l'air, dans la clarté du ciel juste avant la nuit, je m'applique et monte ma mouche, avec l'aide
d'un passe fil. Je fouette une fois, deux fois, trois fois, et c'est un arbre qui m'arrête. Je râle mais patiemment, je remonte la même mouche que celle restée dans le feuillage. Pour ne pas
raccrocher, je me déplace légèrement, mais un caillou bloque sournoisement mon pied et je m'affale de tout mon long dans trente centimètres d'eau. Face au courant. Bien qu'il soit plutôt
serré--non,non, ce n'est pas à cause d'un défaut de fabrication ! --, l'eau pénètre profondément dans mon wader pour arriver dans les chaussons quand je me relève. Et en moins de temps qu'il n'en
faut pour l'écrire, me voilà râlant, pestant, bougonnant , sur le goudron, au rythme de ma canne et de mes croquenots cloutés ! Direction, le camping-car. Même B...a du mal à me
suivre. Enfin, presque...
Est-ce à cause de cela ? le tout est que l'épaule malmenée lors d'une chute au Maroc, il y a un mois, me fera souffrir toute la nuit. Et ça va durer. Mais c'est la gauche : je peux
encore fouetter, à droite.
Ne pas abuser des bonnes choses. Un pêcheur qui ne prend pas de poisson est mécontent : il change de place. Un pêcheur qui prend trop de poisson est vite blasé : il change de place.
Moralité : la pêche est une éternelle quête. Le "mieux" est toujours ailleurs. Et le meilleur, une utopie. Nous partons pour la Gacka.
Deux cent ciquante kunas de plus (35€), pour une journée, et nous voilà sur une rivière profonde, aux eaux limpides, serpentant au milieu des prés. Le camping-car s'arrête de lui-même
auprès du même pont qu'en 2006 et 2008.
La première fois, notre
journée avec C... s'était soldée par une magistale bredouille. L'an passé, c'était le contraire : une pêche miraculeuse. Et cette année ? Des petites farios minables de 25 cm, toutes
avec des moignons en guise de nageoires. Une pisciculture ! La mythique Gacka est devenue la minable Gacka. B... prendra une grosse arc-en-ciel, née elle aussi dans quelque bassin. Heureusement,
le soir, le pavé grillé au barbecue remontera le moral. Une habitude, ici.
Le matin, nous repartons en vadrouille. J'ai "entendu parler " -- toujours sur le forum de pêche à la mouche bien connu -- de deux rivières, à la frontière entre la Bosnie
et la Croatie. L'Una et l' Unec. La route est compliquée : nous nous trompons souvent. Le moral est en baisse et le temps exécrable. La carte indique des postes frontaliers qui n'existent plus.
C'est finalement un gars du pays qui nous guidera en voiture pour traverser en Bosnie. Le paysage change : nous avons quitté les églises fraichement repeintes pour des mosquées fraichement
construites. La route suit la rivière, grande et calme au début, pour devenir plus rapide, mais trop profonde pour nos waders. Et tout au long, des voitures du pays et ...des pêcheurs. Que des
cannes à lancer . Nous faisons de plus en plus la gueule... Martin Brod, le bled au confluent des deux rivières. Et au confluent aussi, une immense pisciculture ! Au dessous, des moucheurs, en
rang d'oignons, les pieds bien calés dans les cailloux, bien fixes à leur poste. Sous les cannes, entre les algues noires, des truites sagement alignées. Parfois, une étourdie avale une nymphe ,
se bagarre un peu pour le fun, fait un tour à l'air libre et est relachée comme le fait tout vrai pêcheur. Ou qui se prend pour tel !
On se laisse prendre en main par un jeune hotelier qui nous offre l'emplacement pour la nuit devant son établissement. Nous mangeons au restaurant et nous discutons un peu, dans
notre anglais approximatif, avec un couple voisin.
Au lever, hésitation. Prendre ou ne pas prendre le permis. Un petit tour pour voir l'eau, et des vestiges d'un triste moment pas si éloigné que
cela
.
Il fait froid, il pleut ... Nous repartons vers "nos" ombres de la Kupa.
Retour au centre de loisir désaffecté, côté Slovène. Nous y reviendrons tous les soirs, après avoir testé tous les coups de la rivière. A part une petite journée, un samedi passé
entre pêcheurs et canoës, nous prendrons de nombreux poissons de taille respectable. En sèche ou en nymphe. Un autrichien nous indique une autre rivière vers les Alpes, au nord de la Slovénie. Il
n'en fallait pas plus pour nous retrouver en selle ! Et roule....
Passage par Delnice pour refaire des euros à partir des kunas. Tiens, dans ce sens, la poste se dit "incompétente". Ca marche à la banque. Une dernière visite à nos douaniers qui
vont perdre une grande partie de leur activité journalière avec notre départ, et en route vers Ljubljana et les Kamnisko Savinjske Alpe ( ! )
La rivière est belle. Avec encore beaucoup trop d'eau pour nos waders. Impossible de trouver un emplacement pour stationner, le long de la route qui la longe. Vers l'aval,
depuis un pont, nous voyons deux pêcheurs en plein courant, dans l'eau jusqu'aux aisselles. Moi qui m'étale dans trente centimètres d'eau ... C'est pas fait pour nous motiver, malgré
les deux truites que nous leur voyons prendre. Pas facile de se décider quand on arrive dans un coin inconnu. Et puis, à quelques kilomètres de là, il y a la Sava que B... connaît bien.
Quatre fois, il l'a pêchée et j'étais avec lui, lors du dernier séjour, il y a ... 10 ans !
La rivière est toujours très belle, avec ses eaux turquoises, extrêmement limpides. Installation au camping, les roues au bord de l'eau. Prise du permis, à 38 € par jour. Un peu fou,
quand même ! Mais qui sont les plus fous ? Eux qui fixent le prix, ou nous qui payons ? On ne s'offrira pas cela pendant un mois...
Premiers fouettés le matin, juste sous le camping. En nymphe, au "bouchon". C'est plein d'ombres pas très gros, mais très gourmands. Plus haut, dans l'après midi, nous réussirons
beaucoup moins bien; mais B... retrouve son coin : il avait dix ans de moins ! Et moi aussi !
Le coup du soir est assez fabuleux : de grosses truites, en nymphe. Mais seulement des
arc-en-ciel. Où sont donc passées les farios d'antant ? " Encavées à cause des eaux trop froides " nous dit le garde en contrôlant nos permis.. Encore une rivière alevinée,mais avec des
bestioles nerveuses et de très bonne qualité. Il doit y avoir un moment qu'elles hantent la rivière. Ces truites sont violentes et bagareuses. Et bruyantes dans leur ébats au bout de la ligne, à
la nuit quasiment tombée. Si on voulait être discret, c'est loupé ! Et le pêcheur qui, plus bas ne réussira pas son coup du soir, viendra prendre notre place dès le lendemain matin, informé de
notre succès par les coups de battoirs de nos prises.
Nuit d'un sommeil profond et sans rêve. Le matin, nous sautons comme d'abitude dans nos waders vers les dix heures. Pas besoin d'aller loin : quelques centaines de mètre
plus bas. Je pêche près de B... qui sort des ombres, les uns après les autres. A quelques mètres de là, je ne prends rien ! Ni en sèche, ni en nymphe. Pendant que B... s'éclate, je me contente de
quelques truitelles, dont une qui serait assez belle, si elle n'était anorexique ! Longue, maigre et molle.Et pourtant, elle à pris ma mouche.
et une visite commémorative au "blue-bar" ou, quand nous étions plus jeunes, tant de "pivos" sont mortes dans nos mains... Le coup du soir sera sérieusement écourté par un
B... blasé ...
4 On relache le poisson : la certitude de de l'acte de pêche bien
accompli
Mais il manque, en avant première, l'instant du gobage de
la mouche et le ferrage !
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